Bonne année 2008, quand même !

BONNE ANNÉE 2008...

quand même!

Les Français croyaient avoir élu l'homme qui allait à la fois restaurer leur pouvoir d'achat et redonner sa grandeur au pays. On est la France, tout de même ! En fait de pouvoir d'achat, il s'est surtout préoccupé du sien et pour ce qui est de nos problèmes, on ne sait pas quand il pourra s'en occuper car il semble pour le moment confondre la Présidence et un emploi de représentant de commerce. Bateaux, chars d'assaut, centrales nucléaires, la France a besoin de sous, tout est à vendre, prix cassés, on vous dit ! Il court, il court le monde. Il vend, surtout en fait au bénéfice des grands copains qui l'ont porté au pouvoir. Quand s'arrêtera-t-il pour regarder derrière lui, pour voir dans quel état sont ses chers compatriotes ?

Le style hyperactif de notre omniprésident semble avoir influencé notre Ambassade de Madrid. On est la France, nom d'une pipe ! On va faire de grandes choses ! On a de grands projets ! Et puis tiens, vous vous plaigniez de l'absence de places dans les écoles pour les enfants français, on va vous construire deux nouveaux établissements: un à Barcelone, et puis tiens, l'autre... à Séville !! Oui, on y a fermé l'Institut, mais ce sera Séville, on vous dit ! C'est-y pas beau, ça, hein? Comment, vous n'êtes pas contents?

Eh bien non, au SNUipp Espagne, on n'est pas content. Tout simplement parce que nous constatons qu'à la rentrée prochaine le réseau des établissements AEFE en Espagne risque de se réduire un peu plus, mettant les personnels piégés dans des situations intolérables. C'était pourtant promis-juré ! Le Plan d'Economies Espagne, considéré hélas comme un modèle du genre par l'AEFE, qui a vu le déconventionnement de Saragosse et de Las Palmas, l'ensemble des établissements se serrer la ceinture, et la hausse des frais de scolarité à assumer pour les parents devait être la garantie d'un nouveau départ pour notre réseau !

Non, il n'y avait  pas de grande casse programmée du réseau Espagne ! Ah bon! Tout ça pour quoi? Aboutir à l'annonce quasi-officielle du déconventionnement de Palma à la rentrée prochaine, qui fait fortement s'inquiéter les autres petits établissements conventionnés. Eh oui, l'Etat a besoin de sous, la vente diverse d'armes et de technologie s'effectuant surtout au bénéfice du privé, alors il racle les fonds de tiroirs et il se sépare (entre autres) de ses écoles à l'étranger. Ça fait toujours quelques postes en plus récupérés et des soucis d'entretien en moins. Il y a eu pourtant un Plan d'économies en Espagne avez-vous dit? Ah, bah, du passé que tout cela, comme les accords passés par monsieur Verclytte avec les partenaires syndicaux...

La Mission Laïque Française étant en Espagne le meilleur  repreneur des établissements, a-t-on pensé à lui faire une carte de fidélité ? Car il faut bien le dire, la MLF, qui a hélas un peu oublié l'esprit qui a présidé à sa naissance, est surtout actuellement une belle machine à faire de l'argent, où tout ce qui est payé par les parents n'est pas réinvesti au bénéfice des élèves et des personnels... Rappelons-le, la grande majorité des écoles gérées par la MLF à travers le monde sont des écoles privées, simplement homologuées. Les mots "laïque" et "française" ne garantissent pas le lien avec l'école publique française laïque.

En contrepartie de ce déconventionnement maintenant quasi-certain, la France a-t-elle l'intention de créer des emplois d'enseignants résidents sur l'Espagne? On n'en prend pas le chemin... Barcelone et Madrid, ont annoncé, selon le nouveau style à la mode, à grands renforts de tambours et trompettes, de nouvelles classes maternelles en septembre 2008, mais pour Barcelone cela se soldera par une seule ouverture de poste de résident; et pour Madrid le plus grand flou règne, comme à l'habitude: en tout cas, l'établissement n'a demandé à l'Agence aucune ouverture de postes de résidents pour 2008/2009... suspect!
Quant à ceux qui fonderaient des espoirs de création de postes de résidents dans les constructions de nouveaux établissements sur Barcelone et Séville également claironnées par l'Ambassade, on verra où en est la chose dans trois ans... on sait ce que veut dire "bâtir des châteaux en Espagne"... eh bien, remplacez "châteaux" par "lycées"...  Et puis que voulez-vous, quelque chose nous dit que si ces lycées voient le jour, il y a de fortes chances que ce soient une fois de plus des lycées Mission Laïque, où l'esprit de service public fait souvent défaut...

Les effets d'annonce, comme le soi-disant projet d'ouverture de classes prépas, qui nous amuse beaucoup, ne coûtent pour le moment pas cher si l'on excepte le temps gaspillé en réunions inutiles... l'important étant de donner l'impression que l'on fait quelque chose, et que l'on court partout, partout, dans tous les sens, un peu comme l'actuel chef de l'Etat...

Allez, bonne année quand même !

Le secrétaire Espagne, le 13 janvier 2008
Jean Michel Chassagne




Article ajouté le 2008-01-19 , consulté 357 fois

Commentaires


Christophe Migné le 21/01/2008 à 20:35:46
Eh, oui.
La parole, même écrite ne vaut plus grand chose.
Autrefois, les mots Ambassade, Consulat,... ou même Chef d'établissement avait du sens, inspiraient le respect, la confiance même.
Je me souviens d'un temps où l'AEFE et l'Ambassade veillaient sur les intérêts des français, en Espagne comme ailleurs.
Aujourd'hui, même ce qui est promis et acté n'a plus aucune valeur. En tout cas, pas à la MLF et guère vraiment plus à l'AEFE...
Personnellement, j'ai perdu mon poste et avec lui la gratuité (double peine!) de la scolarité de ma fille, née et scolarisée ou elle est née un peu à cause de la MLF pour qui son père est venu vivre aux Canaries dès 1989, et où elle a une stabilité que je me suis battu pour maintenir même si la MLF a cherché à nous exiler (elle avec moi) après 16 ans de services(bons et loyaux? probablement pas au sens où l'entendent ces messieurs/dames...).
On nous avait pourtant promis qu'il n'y aurait pas de changement pour ceux qui assuraient la continuité après le déconventionnement (J'ai bien entendu encore ce texte d'un chef d'établissement, aux parents. Eh oui, c'était un argument commercial sans aucune valeur contractuelle...).
Mon crime?
Peut-être avoir osé me syndiquer, puis représenter le SNUipp dans ces contrées lointaines ou "tout devenait possible" bien avant la campagne de 2007, et faire remonter des informations que ces gens n'assument finalement pas vraiment car il y a ce que l'on dit et ce que l'on fait... et ça dérange un peu quand même...
(Pas de vagues, il ne faut pas compromettre le futur de l'opération: Palma, etc.)
Autres temps tout simplement...
J'ai beaucoup perdu, mais j'ai eu la chance de réussir le concours de la fonction publique espagnole.
Je n'ai rien fait que je puisse regretter sinon confiance à des individus qui ne la méritent pas.
Vive la liberté! Vive le droit syndical!
J'espère juste que le temps remettra les choses et les gens à leur place. Je ne suis pas pressé...
Le temps et les gens respectables comme l'ami Secrétaire du SNUipp Espagne.
Bonne année à tous (sauf aux vendus bien entendu).

Nota: Attention, ce n'est pas un message politique. Il s'agit juste de défendre des valeurs qui n'ont pas de prix, comme la liberté d'expression, même si on ne pense pas comme "son" chef...

Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Le billet d'humeur... "

Retour aux articles